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Fin de la neutralité du net aux USA

Actualités
12 Juin 2018

La FCC (Federal Communications Commission), régulateur américain des telecom, a mis fin à la neutralité du net ce lundi 11 juin 2018. Elle garantissait le libre accès aux fameuses autoroutes de l’information : chaque information voyageait librement sur le réseau, sans taxe ni péage.

Ce principe historique d’Internet n’était plus du goût de certains fournisseurs d’accès… surtout avec le succès insolent des services de streaming comme Netflix ou Youtube. Ces services occupent en effet une part de plus en plus majoritaire du trafic et sont, du point de vue des FAI, un peu trop encombrants. En France, l’Arcep a dévoilé des chiffres très récemment. Netflix s’octroie 14% du trafic internet total en France en 2017, tout juste derrière Google et ses 18%.

Que se passera-t-il après la fin de la neutralité ? Aux USA, les fournisseurs d’accès seront libres de brider le débit vers certains sites. Ils pourront également vous demander un surcoût pour l’accès à ces sites. Imaginez un abonnement de base et autant d’options que de services en ligne : quelques dollars de plus pour Netflix, idem pour Spotify ou Youtube… Au-delà des considérations financières, le spectre de la censure flotte sur cette décision de la FCC. Et si un FAI n’aime pas un site d’information trop engagé à son goût ? Et si le patron d’un grand groupe possédant quelques FAI n’accepte pas certaines critiques ? Qu’à cela ne tienne, il lui suffira de réduire ou de fermer l’accès à ces sites…

C’est justement ce dernier point qui soulève l’impact « cyber » d’une telle décision. Et si la cybersécurité devenait un argument avancé par les fournisseurs d’accès pour justifier des filtrages parfois… discutables ? Les opérateurs ont souvent été partagés entre neutralité du net et maitrise des flux. La sécurité a parfois été un argument pour justifier le déploiement de sondes et de dispositifs d’analyse – que certains qualifient plutôt de mouchards.  La France n’est pas exclue du débat et la LPM avait relancé le débat.

Si on se place du côté des utilisateurs et des entreprises utilisatrices des réseaux, la question du filtrage prend une autre dimension. En termes de risques, on peut s’interroger sur la profondeur de l’analyse des flux opérés par les opérateurs et les FAI. Que se passe-t-il dans votre filiale étasunienne ? Les flux entre les bureaux à New-York et le siège à Paris sont-ils regardés d’un peu trop près ? Et si l’opérateur local décidait de bloquer ou de brider les flux chiffrés de votre VPN au motif qu’il ne peut appliquer ses règles de filtrage ?

La question a toujours été d’actualité. Mais cette décision de la FCC méritera sans doute de se repencher sur le sujet – en particulier à l’heure des déploiements massifs de services en ligne comme les clouds bureautiques (Google Suite, Office 365) et autres solutions Saas globales. Le cloud c’est bien, on banalise l’infrastructure et on ne se préoccupe que des données ?… Pas si sûr !