Sans son équipe, un skipper n'est rien

Gouvernance Risques et Conformité
Sans son équipe, un skipper n'est rien

Si le skipper est et restera bien évidemment le héros du Vendée Globe, dans une équipe comme TR Racing, il est bien plus que cela. Thomas Ruyant  est à la fois chef d'entreprise, maîtrise d'ouvrage pour la conception de son bateau, meneur d'hommes pour constituer et motiver une équipe... et bien évidemment marin. Le rôle de l'équipe est en effet majeur dans une course, même lorsqu'il s'agit d'une course en solitaire où le skipper ne peut recevoir d'aide extérieure. Ainsi, lorsqu'une faiblesse structurelle a été détectée sur l'un des foils de son monocoque, un incident engageant la sécurité du bateau, Thomas Ruyant a pu se tourner vers son équipe technique pour analyser l'incident et décider de la réparation à entreprendre. En cas de problème médical il peut bien évidemment faire appel à un médecin à distance pour l'aider. C'est bien avant que la course ne débute que le rôle de l'équipe est crucial. C'est en s'appuyant sur cette équipe que le marin a pu lancer la construction du LinkedOut, l'équiper et le préparer pour la course mystique autour du monde.

"Une course en solitaire telle que le Vendée Globe ne dure que 3 mois sur un projet qui représente 4 ans de travail" résume Marcus Hutchinson, directeur de course de TR Racing. "Toutes les décisions vis-à-vis de ce tour du monde ont été prises il y a plusieurs mois, voire plusieurs années lorsqu'il a fallu lancer la construction du bateau. La course n'en est qu'une concrétisation." L'image du marin seul en mer que l'on retrouve sur la ligne d'arrivée quelques mois plus tard fait désormais partie du passé, tout comme celle du RSSI, génie solitaire seul pour assurer la sécurité de son entreprise. Comment ne pas rapprocher le rôle du skipper moderne à celui de RSSI qui, lui aussi, doit jouer les chefs d'orchestre entre les différentes responsabilités qui lui incombent, mais aussi constituer son équipage avec les diverses compétences exigées par la sécurisation d'un système d'information moderne, une capacité d'orchestrer au quotidien le travail d'une équipe, mais aussi communiquer auprès de chacune des parties prenantes. Benjamin Leroux, directeur marketing d'Advens souligne : "Comme le skipper, un RSSI doit avoir l'humilité de comprendre qu'il ne peut assurer seul la sécurité d'un système d'information de plus en plus complexe et qui met aujourd'hui en oeuvre bien trop d'intervenants. Il doit développer autour de lui une équipe avec des experts internes et des intervenants externes."

Pour Marcus Hutchinson, "une qualité que doit savoir développer un bon skipper, c’est de savoir s’entourer de gens qui vont compléter ses propres compétences, mais aussi d’anticiper ses demandes et travailler à la même vitesse que lui." A la tête du TR Racing, Thomas Ruyant est non seulement un chef d’entreprise, mais aussi un meneur d’hommes mais aussi un porte-parole de son projet, un bon communicant auprès de la presse et des sponsors.

Le skipper est sous le feu des médias au moment où il passe la ligne d'arrivée ou lorsque survient un incident. Comme lui, le RSSI doit rendre des comptes à sa direction générale, au Comex et au régulateur et c'est lui qui doit demander un éventuel arrêt de la production en cas d'intrusion... tout comme le skipper s'il doit affaler les voiles pour réparer. Pour l'un comme pour l'autre, sans une équipe derrière lui, il n'est rien.

Benjamin Leroux, Innovation & Marketing, Advens