La certification, une démarche indispensable pour plus de sécurité

Gouvernance Risques et Conformité
 La certification, une démarche indispensable pour plus de sécurité

Pour que Thomas Ruyant puisse s’aligner au départ du Vendée Globe, TR Racing a dû passer une longue phase d’homologation pour son monocoque LinkedOut, un préambule indispensable avant de pouvoir se lancer dans une telle aventure. Marcus Hutchinson, le directeur de course de Thomas Ruyant Racing résume ce long processus : « Globalement, nous devons nous conformer à 4 normes. Il y a d'une part, les normes de jauge IMOCA qui portent essentiellement sur les dimensions de la coque, ainsi que les appendices du bateau. En outre, nous devons nous conformer aux normes de construction du bateau, avec un bureau de normalisation qui a, pendant 18 mois, analysé la structure du bateau. Enfin, nous devons observer la présence des normes de sécurité. Avant chaque course, tout le matériel de survie est contrôlé à bord par les organisateurs. Enfin, lors de la course, Thomas Ruyant doit se conformer à une déclaration de conformité quant à son comportement sportif en mer, assurant qu'il ne triche pas pendant la course. »

Pour une équipe de course au large, passer ses étapes de normalisation représente un délai et une charge de travail lourde à porter alors que tous cherchent en priorité à améliorer la performance du bateau. C’est pourtant une démarche nécessaire pour la sécurité du skipper. Sur ce plan comment ne pas faire le lien avec un projet de mise en conformité du système d’information avec le RGPD, la LPM ou la norme ISO 27001 ? Aurélia Delfosse, responsable de l’offre Conformité Advens souligne : « Tout comme TR Racing doit faire homologuer son bateau pour participer au Vendée Globe, nos clients s'engagent dans un processus de mise en conformité soit parce qu'ils y sont obligés réglementairement, soit pour répondre à certains appels d'offres ou, parfois, pour faire d'une certification un argument commercial. »

Pour l’experte en certification, une mise en conformité ne doit pas être vue comme un fardeau, une contrainte, mais comme une démarche positive pour l'entreprise. Celle-ci va lui permettre de prendre conscience de ces forces et faiblesses et surtout l'amener à entrer dans une démarche d'amélioration continue. « Il ne s'agit pas de faire de la conformité pour faire de la conformité »explique-t-elle. « L'objectif est bien d'améliorer le niveau de sécurité de l'entreprise et faire comprendre les enjeux à tous les collaborateurs. En effet, la conformité concerne tout le monde et pas uniquement la DSI, depuis la direction générale qui va sponsoriser le projet, les ressources humaines pour faire  comprendre les enjeux à tous les collaborateurs. La gestion du changement est certainement le volet le plus compliqué d'une certification. »

Dans le Vendée Globe, la jauge des IMOCA 60 pieds est définie dans la concertation via une association dont toutes les équipes sont membres. « Laurent Burgess, directeur technique du TR Racing et moi-même siégeons dans les diverses commissions qui définissent si on va avoir 6 voiles au lieu de 7 ou une réduction de la taille des foils. La prochaine jauge IMOCA sera publiée en avril/mai de l'année prochaine mais c'est le fruit d’un travail continu pour faire évoluer la jauge en fonction des réalités de la course » conclut Marcus Hutchinson.

Benjamin Leroux, Innovation & Marketing, Advens