MyCam Episode 1 : Présentation du projet

Mobilité
MyCam Episode 1 : Présentation du projet

Les « objets connectés » débarquent dans notre vie.

Les grandes marques, à l’instar du pionnier Nike, s’engouffrent dans cet eldorado qui promet de bouleverser notre quotidien. Loin d’être des gadgets jadis réservés aux Geeks, les objets connectés vont petit à petit intégrer notre vie et devenir indispensables tout en se faisant oublier.

Aujourd’hui on s’amuse sur Youtube lorsqu’un enfant de 2 ans passe son doigt sur un livre en s’étonnant que le contenu de la page ne se rafraichisse pas – demain on s’étonnera que la voiture ne démarre pas toute seule alors qu’elle a détecté le téléphone portable de son propriétaire à moins de 2 mètres.

Les prochains mois / années vont être riches en termes d’avancées technologiques et de révolutions dans les usages des produits que nous utilisons tous les jours. Avec de nouvelles questions qui se poseront tôt ou tard:

  • Qui sera responsable si ma « Google Car » cause un accident ?
  • Le bracelet qui suit mon activité cardiaque respecte-il les lois sur le secret des données médicales ?
  • La balance qui envoie mon poids dans le Cloud est-elle en règle vis-à-vis de la CNIL ?

La liste des questions est plutôt longue et la liste des réponses plutôt floue - affaire(s) à suivre donc.

« Pimp my thing » - et pourquoi pas ?

Pelotes de laineEn attendant, sans d’autres motivations que la curiosité, l’envie d’apprendre, la découverte de nouveaux challenges, pourquoi ne pas se lancer dans une « aventure connectée » ?

L’idée est simple : trouver un objet du quotidien, l’étudier, le transformer et voir dans quelle mesure son passage en version « 2.0 » permet d’enrichir ses fonctionnalités, ses performances, son côté ludique… et pourquoi pas détourner son usage et lui (re)donner un nouvel intérêt ?

C’est sans prétention et avec plein d’incertitudes sur le succès de la démarche que j’entreprends cette aventure, dont je rendrai compte au travers d’une série de billets illustrant mes avancées et mes échecs inévitables.

Mais quel objet cibler ? De la brosse à dents à la station météo, en passant par la télévision ou le four à micro-onde, le choix est vaste…

Je me suis donc penché sur des objets du quotidien, de mon quotidien, qui sont pour le moment plutôt en retard dans le domaine du connecté : la voiture ou la maison par exemple. La domotique tout le monde connaît, pour la voiture peut-être pas – explorons cette piste alors !

Voiture electriqueLa voiture de demain, nous dit-on, sera écologique (« propre » - abstraction faite des quantités de carbone et de l’énergie nécessaires à sa fabrication :) ), intelligente (régulation du trafic, conduite sans pilote, …), sûre (capteurs de collision, anticipation des mouvements environnants, du trafic, …).

La voiture de demain sera inévitablement connectée (surtout avec le câble pour la recharger :) ) mais ne sera plus vraiment une voiture. J’ai peur qu’elle ne devienne une sorte « d’ascenseur sur route» où il suffira d’appuyer sur un bouton pour arriver à destination. La voiture de demain risque donc d’être ennuyante !

Pour moi la voiture est synonyme d’évasion, de liberté et de « fun » ! Chacun son truc, je suis d’accord, le snowboard, le vtt ou le tricot c’est fun aussi – mais j’ai moins perçu leur dimension « connectable ». Bref, j’ai choisi mon sujet : la voiture… Vroum, c’est parti !

Présentation du projet et premières modifications

CamaroQuitte à faire quelque chose, autant voir grand. J’ai donc porté mon choix sur une voiture mythique, un rêve de gosse : Une Chevrolet Camaro cinquième génération.

Moteur V8 6,2L - Me voilà maintenant éleveur de chevaux (432). A consommer avec modération, évidemment !

Précisons tout de suite que côté écologique on part de loin, ce qui donne du challenge ! On compensera par l’usage, qui reste concentré sur le week-end :).

Un petit rappel sur la législation française

DrireEn France, il est illégal d’apporter des « transformations notables » sur un véhicule circulant sur la voie publique.

Il est toutefois permis d’y ajouter des accessoires : éléments liés à l'habitacle, au confort, ou la sonorisation, en respectant certaines conditions (nous les verrons au fur-et-à mesure).

Deuxième point : Vérifier que les modifications sont en règle avec le contrat d’assurance.

Les éléments suivants seront donc structurants pour le projet :

  • Réversibilité totale des modifications : Le véhicule doit être 100% conforme à son état d’origine le jour de sa revente
  • Aucune des modifications ne doit entrainer de refus au contrôle technique
  • Respect des éléments stipulés sur la carte grise (poids, puissance moteur et volume sonore notamment)
  • D’une manière générale, le respect de la réglementation française et des conditions d’assurance

Ceci étant dit, une partie des modifications présentées dans ce post et les suivants ne respectent pas totalement la législation française. Elles sont présentées pour donner des idées sur ce qu’il est possible de faire avec un véhicule moderne - Advens ne cautionne ni n’encourage quiconque à procéder à de tels changements. Enfin, certaines modifications ont été apportées et testées sur circuit, avant d’être « annulées » pour revenir dans un état compatible avec une circulation sur la voie publique.

Ces précisions importantes ayant été rappelées, nous pouvons maintenant entrer dans le vif du sujet.

Optimisation des performances : l’instant mécanique (après on n’en parle plus)

L’augmentation de la puissance de la voiture n’est pas une fin en soi, ce n’est pas l’objet et ce n’est pas légal sans passer par la DRIRE.

En revanche, améliorer les performances du moteur (couple versus consommation) peut avoir du sens, surtout sur une voiture qui consomme 14 litres aux cents.

Sans rentrer dans des détails ennuyeux il faut savoir que, contrairement à ce qu’affirment la plupart des constructeurs, les voitures et leur boitier électronique de commande du moteur ne sont pas toujours optimisés : Les voitures sont faites pour satisfaire l’usage du plus grand nombre de personnes, dans des pays et dans des conditions d’utilisations variées. En reprogrammant les boitiers électroniques il est donc possible d’obtenir des bénéfices plus ou moins importants au niveau de la consommation et du couple. Les bénéfices dépendent directement de la qualité des réglages d’usine et du type de moteur.

Il ne faut toutefois pas tomber dans l’excès, au risque d’user prématurément certaines pièces de la voiture. Le principe étant pour résumer de ne jamais dépasser les marges et les seuils de tolérance du constructeur.

C’est une piste que j’ai décidé d’explorer – en surface simplement, mais suffisamment quand même pour constater de réelles augmentations de performances (sur circuit) et de consommation.

L’opération détaillée ci-après est 100% réversible. Les experts en préparation moteur me pardonneront mes raccourcis et simplifications, mais ce n’est pas l’objet de ces posts – nous sommes là pour parler d’objets connectés !

Première action : changer le système d’injection d’air (à force de vouloir filtrer les poussières on empêche le moteur de respirer). Un petit montage avant / après pour se rendre compte de la modification, on remarquera le débitmètre, connecté sur le tube d’admission (déconnecté sur la photo de gauche).

Injection d'air

Deuxième étape : Changement de la ligne d’échappement. Vous l’avez compris, l’idée n’est pas de faire une bête de course, mais de trouver un bon compromis sur les performances, le budget des pièces, la consommation… donc le changement de la ligne s’effectuera après les pots catalytiques : Impact zéro sur les émissions de polluant (l’impact n’est pas nul, mais ça passe au contrôle technique) et amélioration de la sonorité extérieure de la voiture.

Le V8 respire mieux et c’est toute la voiture qui prend vie, on l’entend respirer, râler, hurler dans les tours. C’est strictement inutile pour le côté connecté, mais c’est juste indispensable sur ce type de voiture ! Appelons ça le marketing de l’objet connecté, ça fait déjà 50% de son succès.

Bref, bénéfice de cette opération préalable : la voiture est plus réactive et moins « élastique » lorsque l’on accélère (meilleur temps de réponse et meilleure « expérience utilisateur »). Voilà pour une première introduction sur le sujet.

Le programme des modifications à venir

routePas de surprise avec la camaro 2013 : on a un moteur avec une carrosserie autour et des pneus en dessous. Le reste est superflu. Donc pas de GPS, système audio de qualité moyenne, limitations dans le bluetooth audio, seul le radar avec caméra de recul est intéressant.

Les versions futures seront bien mieux dotées, c’est une tendance de fond chez les constructeurs : Ouvrir leur véhicule sur le « monde numérique ». Exemple avec le ]système Mylink de General Motors dont la camaro 2014 bénéficiera.

Les prochaines étapes du projet seront consacrées à exploiter les capteurs présents dans la voiture et à en ajouter de nouveaux. Nous ajouterons également des interfaces de visualisation et de communication. Voici donc la liste non exhaustive des sous-projets pour les semaines / mois à venir :

  1. Upgrade du système multimédia de la voiture
  2. Mise en place d’une interface digitale de contrôle des paramètres moteur / voiture en temps réel
  3. Intégration d’un ordinateur de bord connecté à Internet
  4. Intégration d’une caméra HD à l’avant du véhicule
  5. Ajout d’un radar de détection de collisions / aide au stationnement
  6. Affichage des informations des capteurs en surimpression de l’image filmée
  • Information sur les distances (aide au stationnement)
  • Reconnaissance d’objets (ex : panneau de signalisation)
  1. Amelioration du HUD (Head Up Display)
  2. Tracking GPS et verrouillage à distance

Probablement d’autres idées qui viendront en chemin…

Voilà… Cliquez ici pour lire l’épisode 2 sur la reprogrammation de la puce moteur et l'upgrade du système multimédia.

Jérémie Jourdin, Responsable R&D, Advens